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Le calendrier des prénoms vient du martyrologe, pas de la météo

Avatar de Solène Marquet-Delaunay

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3 min de lecture 4,0 (16 avis)

Ouvrir un almanach à une date donnée et y lire un prénom n’a rien d’un hasard commercial récent : la pratique remonte au martyrologe romain, le texte liturgique qui répertorie, jour par jour, les saints reconnus par l’Église catholique.

Le martyrologe, un texte bien antérieur à l’almanach imprimé

Le martyrologe romain fixe, pour chaque jour de l’année, un ou plusieurs saints à commémorer, selon leur date de mort ou de fête traditionnelle. Ce calendrier liturgique existait déjà sous une forme manuscrite avant l’invention de l’imprimerie ; c’est seulement à partir de sa diffusion massive, avec les premiers almanachs populaires, qu’il est devenu le repère commun auquel on associe encore aujourd’hui un prénom à chaque date.

Associer un prénom à un jour n’a donc rien à voir avec une observation du ciel ou du climat : c’est un calendrier religieux qui, en se popularisant, a fini par devenir un simple repère de date dans l’usage courant, largement détaché de sa fonction liturgique d’origine pour une bonne partie du public.

Des révisions qui ont changé le calendrier au fil des siècles

Le martyrologe romain n’a jamais été figé : il a connu plusieurs révisions officielles, la dernière édition typique remontant à la fin du XXe siècle, pour intégrer de nouveaux saints canonisés et corriger certaines dates. Chaque révision a pu déplacer, ajouter ou retirer des noms à certaines dates, sans que l’almanach populaire ne suive nécessairement ces mises à jour au même rythme.

C’est cette accumulation de versions successives, jamais totalement synchronisées entre elles, qui explique une partie des divergences que l’on peut observer aujourd’hui entre différentes sources.

Fêter sa « fête » : une coutume devenue largement indépendante

Souhaiter « bonne fête » à quelqu’un le jour de son prénom est une coutume qui s’est largement détachée de son origine religieuse au fil du temps. Beaucoup de personnes qui célèbrent leur fête chaque année ne connaissent ni le saint associé à leur prénom, ni son histoire, ni la fonction liturgique première de la date : le geste social a pris le pas sur le repère religieux qui l’a rendu possible.

Cette autonomisation n’a rien d’inhabituel : de nombreux repères du calendrier, nés dans un cadre religieux précis, ont fini par mener une vie propre dans l’usage courant, y compris chez des personnes qui n’observent aucune pratique religieuse. Le calendrier des prénoms en est un exemple particulièrement net, puisqu’il continue d’être imprimé et consulté bien au-delà du cercle des pratiquants.

Pourquoi deux calendriers ne donnent pas toujours le même prénom

Il n’existe pas une source unique et universellement suivie pour l’almanach des prénoms du commerce : chaque éditeur peut choisir, pour une date donnée, l’un ou l’autre des saints attestés par le martyrologe à cette même date, ou conserver une tradition locale plus ancienne plutôt que la version la plus récente du texte officiel. Deux calendriers de bureau achetés la même année peuvent ainsi afficher deux prénoms différents au même jour, sans que l’un soit plus « juste » que l’autre.

Pour consulter une version de référence du texte liturgique et de son histoire, l’article que lui consacre Wikipédia retrace ses principales éditions. Ce même calendrier des saints est aussi celui qui fixe, depuis le Moyen Âge, la date de dictons météorologiques bien connus : notre rubrique Traditions & Culture revient sur l’origine agricole de plusieurs d’entre eux.


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